Samuel Hillion peint le temps. Tout le temps.

 

Le jour, il peint des paysages, des kilomètres de paysages. Choses que les yeux voient ; sens que les

pinceaux abusent.

 

Alors la nuit, comme il peint encore, il cherche à peindre autre chose. Et il peint et repeint le temps,

découvre et recouvre la toile, jusqu'à ouvrir le mur, jusqu'à ce que se dégagent des motifs, qu'il peint

et repeint encore, jusqu'à les noyer, comme un repos de l'oeil qui, toute la journée, cherche à voir.

 

C'est une peinture obsessionnelle, sans la douleur de l'obsession, qui dure autant que le peintre lui-

même, qui vit en même temps que lui, dilate son propre temps jusqu'à le remplir, encore et encore,

et qui l'accompagne, mûrissant avec lui, étalant comme des paysages cet intérieur du peintre offert

au regard extérieur, ce regard sur le regard du regardeur, comme un larsen optique.

 

C'est un voyage paisible, sans bouger, sans l'espace du regard, un temps suspendu qui s'éloigne de

son sujet, répété et offert à d'autres yeux.

 

Une peinture qui regarde changer le peintre.

 

L'espoir, en se regardant, de reconnaître le regard de l'autre, le regard de tous, ce qui serait

profondément et intimement commun à chacun de nous.

 

 

 

 

 

 

Bleu, rose, rouge, jaune, bleu n°1 - huile sur toile 65 x 81 cm - 2012

 

 

 

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